Le Mézenc des quatres saisons : La Gazeille, un lien entre le plateau et la vallée

Collège Laurent-Eynac du Monastier-sur-Gazeille

Nous, élèves de cinquièmes du Collège Laurent-Eynac, avons travaillé sur le projet Ecol'eau en nous appuyant sur notre environnement proche : le Mézenc et la Gazeille. La Gazeille est en effet le lien qui relie les élèves entre eux. Nous sommes donc allés à sa découverte : ses sources sur les pentes de l'Alambre et du Mézenc, sa biodiversité, ses écosystèmes, son rôle dans le modelage du paysage.

Nous avons réfléchi à la fragilité de cet environnement : de la neige qui devient rare, aux tourbières de plus en plus restreintes, des eaux de la Gazeille qu'il faut absolument préserver des différentes pollutions. Nous avons réalisé en classe, les maquettes des différents paysages et suivi la Gazeille de ses sources jusqu'à ce qu'elle rejoigne la Loire. Nous avons mieux compris son parcours et son impact dans le paysage tant au niveau géologique, qu'économique et humain.

Le travail s'est effectué sur l'ensemble de l'année, alliant visites sur le terrain et études en classe.

LA GAZEILLE, DE LA SOURCE À LA LOIRE

La Gazeille, un peu d'histoire...

La Gazeille vient de l'occitan gazella, qui vient lui-même du latin vadus qui veut dire gué, rivière.

La Gazeille s'appelait Aqua stabulis (étable, hostellerie).

Au XVIème siècle elle s'appelait rives de la Gazella .

Au XVIIème siècle elle s'appelait Gazelle .

La Gazeille, un peu de géographie :

La Gazeille se situe dans le département de la Haute Loire. Elle débute sa course dans le village des Estables, le village le plus haut du Massif Central situé entre 1350 mètres et 1500 mètres d’altitude.

La Gazeille prend son nom au niveau du village des Estables. Elle met 12km pour se jeter dans la Loire à Colempce. Son principal affluent est le ruisseau de la mine. Sa pente est moyenne. Elle rencontre pleins de moulins: le grand moulin ,le moulin Béraud, le moulin de Couderc, le moulin bas, le moulin de la Recoumène et le moulin de Savin .Elle rencontre aussi des activités économiques : de nombreuses exploitations agricoles, une ancienne usine textile au pont d' Estaing et la station d' épuration. La principale ville que traverse la Gazeille est le Monastier sur Gazeille.

La Gazeille prend donc sa source sur les pentes du Mézenc. Au sommet du Mézenc, se trouve la ligne de partage des eaux. D’un côté, les rivières se jettent dans la Loire puis dans l’océan Atlantique, de l’autre elles se jettent dans le Rhône puis dans la Méditerranée. La Gazeille fait donc partie du bassin versant de la Loire.

La Gazeille est au début un torrent de montagne. L’eau est beaucoup remuée, elle est très oxygénée. La Gazeille par le phénomène de l’érosion a creusé son lit au fond de la vallée. Son lit est alors resserré, étroit, creusé. Quand elle arrive aux alentours du Monastier, la Gazeille a grossi, mais elle reste vive. L’eau est rapide, remuée, encore très oxygénée. En arrivant sur le Monastier, elle forme des retenues comme le plan d’eau au Moulin de Savin. L’eau est plus calme, elle stagne même. L’eau est alors moins oxygénée. Après le Monastier et jusqu’à la fin, le lit de la Gazeille est plus large au creux de gorges granitiques. La Gazeille continue d’être rapide et permet les descentes en rafting !

LA GAZEILLE, FACTEUR D'ÉROSION ET MODELAGE DU PAYSAGE ACTUEL

Histoire géologique du canton : (d'après les recherches de J. Deville)

On sait peu de choses de l'ère secondaire en Haute-Loire essentiellement par manque d'indices. Par contre les changements de climats, les événements géologiques des ères tertiaire et quaternaire sont mieux connus.

  • Au début de l'ère tertiaire (Éocène, il y a 30 millions d'années) : un climat torride, tropical, est à l'origine d'un sol rouge et dur : la latérite. Des restes sont observables vers Moulines et la Collange. Le relief est alors une pénéplaine.
    La chaîne des Alpes poursuivant sa formation, le vieux socle granitique du massif central se fracture. Des zones, comme le bassin du Puy, s'effondrent, très vite envahies par l'eau. Dans ces vastes lacs, peu profonds, se déposent des sédiments qui, après assèchement, constituent des couches de sables et d'argiles. Des restes fossiles découverts dans ces couches, ont permis de reconstituer la faune et la flore de l'époque : ancêtre du cheval, de l'éléphant, d'hippopotame, mais aussi des hyénodons, des reptiles, oiseaux, rongeurs, poissons, accompagnés d'empreintes de plantes méditerranéennes et tropicales.

  • vers la fin du Miocène (il y a 8 millions d'années) : La région est une pénéplaine où s'étalent de petits lacs, traversés par des ruisseaux. Certains ont pu être localisés : Le Monastier, Meyzoux, l'Aubépin, la Vacheresse, Fay... Les dépôts d'argiles plus ou moins sableuses, de lignite renferment de nombreuses empreintes de plantes aquatiques ou proches des rives, sous un climat tempéré, plutôt doux ou méditerranéen. Durant cette période, l'activité volcanique commence. Le magma profite des fissures du socle pour arriver en surface : des coulées de basaltes, puis d'autres roches, comme les trachytes et les phonolites, s'empilent et formeront des plateaux (comme la Moutette) et des sucs (comme le Rocher-Tourte et le Bachat) ainsi que les autres sucs du Velay autour du Mézenc.

  • Début de l'ère quaternaire (il y a 2 millions d'années) : Une phase de creusement s'engage. Des vallées se forment sous l'action des rivières. Les derniers dépôts indiquent un climat méditerranéen et contiennent une espèce d'éléphant et une espèce de cheval, aujourd'hui disparues. Puis en fin de période le climat se refroidit.

  • Dernier épisode volcanique (il y a 200 000 ans) : Les cônes de scories des sucs de Breysse se forment. Des périodes tempérées très humides alternent avec des périodes froides : les glaciations. Un glacier aurait-il occupé le sommet du Mézenc ?

  • La dernière période, très froide, il y a 30 000 ans serait à l'origine du débit en lauzes de la phonolite et des coulées de blocailles, localement surnommés clapiers (ou clapas en patois), le gel faisant éclater les roches. Le radoucissement qui suit cette glaciation permet aux premiers hommes de s'installer (1ères traces d'activités préhistoriques).

Le travail de sape de la Gazeille :

Aujourd'hui, la vallée de la Gazeille forme un V et son dénivelé est de 150 mètres de haut environ.

Les deux versants de la vallée de la Gazeille n'ont pas la même couverture végétale. En effet, l'adret, au sud, est composé de forêts et l'ubac au nord est plutôt constitué de prés, de broussailles. Or, l'érosion est plus importante sur les terrains dégagés, non protégés par leur couverture végétale.
Les roches présentes dans la vallée de la Gazeille sont le granite et le basalte. C'est dans le granite que l'eau peut facilement creuser. En effet, le granite, exposé à l'air, au niveau d'un affleurement, est soumis à l'action des agents atmosphériques, en particulier l'eau. Sous l'action de l'eau et de l'air, le granite se dégrade, il s'altère. Il devient donc friable et se désagrège pour former du sable.

La Gazeille, notamment en période de crue, a, à certains endroits, un courant fort qui ronge le bas des falaises de granite qu'elle rencontre. A l'opposé, dans les lieux de calme, de plat, la Gazeille y dépose des alluvions formant ainsi de petites plages de sable et de galets.
Au moment des crues, surtout au printemps (fonte des neiges) et à l'automne (épisodes cévenoles), la Gazeille peut arracher des matériaux sur son parcours. Elle peut transporter des blocs qu'elle dépose plus loin.

En conclusion, la Gazeille a un régime torrentiel et est à l'origine d'une forte érosion du paysage passé et actuel.

LE MEZENC, AUX SOURCES DE LA GAZEILLE

L'or blanc au Mézenc :

C'est depuis 1920 qu'on pratique le ski au Mézenc. Le village des Estables a ouvert une station de ski familiale au début du 20è siècle grâce aux progrès des moyens de transports et à l'amélioration des routes. Cependant, avant la première guerre mondiale s'était créé au puy un club alpin : Le Ski Club Vellave. En 1922, ce même club impulse toute une série de mesure destinée à promouvoir le ski aux Estables : organisation d'un concours annuel aux Estables, dotation de matériels pour les jeunes des Estables. Le 21 janvier 1923, aux Estables, aura lieu la première manifestation sportive de ski. Dans ces années-là, on développe donc le ski de descente mais aussi de fond et des tremplins sont installés pour la pratique du saut. Il faudra attendre la fin des années pour voir les premiers remonte-pente installés. Le 5 décembre 1959 est le premier jour de fonctionnement du remonte-pente

Aujourd'hui, on y pratique le ski de descente, le ski de fond, de la luge, des sorties en raquettes, de l'attelage de chiens de traîneaux. Si le ski de descente reste modéré, en revanche, l'espace nordique du Mézenc est réputé avec près de 80 km de pistes qui s'étendent sur 15 000 hectares aux alentours du Mézenc et de l'Alambre. Les pistes offrent divers degrés de pratiques aux fondeurs, des courses y sont même organisées comme la nanalopette. Cet espace bénéficie du label « qualité nordique de France ».

Un enneigement irrégulier :

Depuis plusieurs années, l'enneigement aux Estables est devenu irrégulier. Les chutes de neige sont d'une grande variabilité avec une diminution constante de l'enneigement, peut-être due au réchauffement climatique. Cette année, les pistes de descentes n'ont quasiment pas été ouvertes.

Les canons à neige, une solution ?

Pour fabriquer de la neige avec un canon à neige, il faut deux éléments essentiels : de l'eau et de l'air
Le principe de fonctionnement est simple : en mélangeant de l'air comprimé à de l'eau et en le projetant au froid, on obtient de la neige qui se dépose sur les pistes de ski. Il suffit donc de pulvériser des goulettes d'eau dans l'air suffisamment froid (-2°c à -10°c) pour qu'elles se congèlent avant d'arriver au sol sous forme de billes contrairement aux flocons qui ont une forme en étoile. Ce procédé provient qu'un jour d'hiver quelqu'un, en pinçant son tuyau produisit des cristaux de neige et 40 ans plus tard ce procédé a été reproduit sous forme de canons à neige.

Pour installer des canons à neige il faut de l'eau à proximité ; des réserves artificielles d'eau doivent être installées. Or l'implantation de canons à neige suscite beaucoup de questions. L'installation des canons à neige ne va-t-elle pas trop pomper l'eau des rivières déjà présentes et en faible quantité l'hiver ? Les canons à neige n'utilisent-ils pas trop d'énergie pour fonctionner ? (électricité, essence, pompe, compresseur) ? Les canons à neige ne modifient-ils pas trop le paysage avec la création des retenues d'eau ? Les canons à neige ne modifient-ils pas les écosystèmes (perturbation de la faune et de la flore) ? Les canons à neige ne sont-ils pas source de pollution avec le rejet de produits chimiques utilisé dans le processus de fabrication de la neige artificielle ? La neige artificielle est-elle de bonne qualité ?

Comment se forme la vraie neige ?

La neige est une forme de précipitation, constituée de glace cristallisée et agglomérée en flocons pouvant avoir une multitude de formes en fonction de la température du nuage. La neige se forme généralement par la condensation de la vapeur d'eau dans les hautes couches de l' atmosphère et tombe ensuite plus ou moins vite à terre selon sa structure. La neige est « vivante ». Les cristaux de neige se transforment sous les effets du soleil, de l'humidité, du vent. Ainsi les jolis cristaux en forme d'étoile prennent au fil du temps un aspect de granules arrondies ou anguleuses dont le diamètre varie de 0,2 à 2 mm en moyenne.

La neige, stocks d'eau et rôle de préservation de la faune et la flore.

La neige joue un grand rôle pour la protection de la faune et la flore, en isolant du froid de l'hiver. Lorsqu'elle fond (contrairement à la pluie qui ruisselle et détruit la végétation), la neige se désagrège petit à petit et pénètre lentement dans les nappes phréatiques, pour les alimenter.

La neige se transforme très lentement en eau liquide. L'eau de neige pénètre donc beaucoup mieux dans le sol et profite d'avantage aux nappes phréatiques que l'eau de pluie. Ce bénéfice est parfois contrariée par un radoucissement rapide accompagner de pluie , situation qui conduit souvent à des inondations parfois catastrophiques .

La neige agit aussi comme une couche isolante, qui évite que les racines, les insectes, les animaux qui vivent dans la couche supérieure du sol ne gèlent. Il fait au niveau du sol moins froid quand la couche de neige est importante. La neige est donc un excellent isolant, car elle renferme une grande quantité d'air. Par sa présence, les écarts de température sont diminués et le sol gèle moins en profondeur. Souris et campagnols vivent dans l'espace subnival sombre et tranquille, se déplaçant sans cesse dans un réseau de tunnel et grignotant les tiges des plantes. De même, la végétation couverte de neige est protégée des fortes gelées. Certaines plantes d'altitude continuent leur activité pendant l'hiver. Par exemple, le perce neige est capable de traverser une certaine épaisseur de neige pour fleurir. L'allongement des tiges se fait à l'horizontale et dans tous les sens et c'est seulement quand ils sont libérés que les pédoncules se redressent.

LA GAZEILLE, DES EAUX DE QUALITÉ

Nous avons posé l'hypothèse suivante : les eaux de la Gazeille sont de bonne qualité. Nous avons donc mené deux expériences pour vérifier cette hypothèse : on a mesuré les propriétés chimiques de l'eau puis on a étudié la faune présente dans un échantillon, prélevé au Monastier.

ANALYSE CHIMIQUE DE L'EAU DE LA GAZEILLE :

Nous avons prélevé 4 échantillons d'eau : à la sources (aux Estables), au Moulin de Béraud, au plan d'eau du Monastier, sous la station d'épuration du Monastier.

Lieu de prélèvement de l'échantillon Analyse chimique
À la source, aux Estables L'aspect de l'eau : limpide
pH : 6,5
Minéralisation (GH-KH) : douce
Nitrates (NO3- NO2) : 0
Oxygénation : +++
Au Moulin de Béraud L'aspect de l'eau : limpide
pH : 7
Minéralisation (GH-KH) : douce
Nitrates (NO3- NO2) : 0
Oxygénation : ++
Au plan d'eau du Monastier L'aspect de l'eau : limpide
pH : 7,6
Minéralisation (GH-KH) : moins douce, plus minéralisée
Nitrates (NO3- NO2) :entre 15 et 25 mg/l
Oxygénation : +
Sous la station d'épuration L'aspect de l'eau : limpide
pH : 7,8
Minéralisation (GH-KH) : douce
Nitrates (NO3- NO2) : 0
Oxygénation : +
conclusion Les eaux de la Gazeille sont des eaux douces. L'oxygénation de la rivière dépend de son profil : une eau agitée est très oxygénée, une eau stagnante est peu oxygénée.
Dans l'ensemble, l'eau de la Gazeille court, l'eau est donc fraîche. Ceci favorise alors les espèces de poissons comme les truites.
L'eau de la Gazeille n'est pas polluée. Les seules teneurs en nitrate observées se situent au niveau du plan d'eau, en amont de la station d'épuration. Cette pollution est peut-être due aux habitations aux alentours ainsi qu'à la stagnation des eaux.
Sous la station d'épuration, les teneurs en nitrates sont nulles : la station d'épuration joue pleinement son rôle.

Analyse biologique de l'eau : ANALYSE DE LA FAUNE DE LA GAZEILLE

La faune d'une rivière dépend des caractéristiques physico-chimiques de l'eau ; la pollution agit sur la teneur en dyoxygène dissout dans l'eau, nécessaire à la respiration des êtres vivants. Donc les êtres vivants vont se répartir en fonction de leurs exigences en oxygène. Il existe des espèces dites indicatrices dont la présence dans une zone de la rivière informe sur son niveau de pollution
Un échantillon d'eau de la Gazeille a été prélevé au niveau du Pont d'Estaing à l'entrée du Monastier.

Les animaux repérés sont :

  • des physes de la familles des mollusques
  • des éphémères de la famille des Insectes
  • des larves de perles de la famille des insectes
  • des larves de mouches de la famille des insectes.
En conclusion, la Gazeille a une eau pure, bien oxygénée, pas polluée.

LA GAZEILLE, UNE RIVIÈRE À PROTÉGER

intervention de la fédération de Pêche

La Gazeille : un écosystème qui s'enchaîne

Dans le cours de la Gazeille, il y a peu de plantes aquatiques car l'eau de la Gazeille est trop agitée, trop froide et pauvre en minéraux pour permettre le développement de telles espèces. Donc, au départ de la chaîne alimentaire, il ne peut y avoir que des débris de végétaux et des feuilles mortes provenant des végétaux qui bordent la rivière.
Le deuxième maillon de la chaîne alimentaire est constitué de décomposeurs comme par exemple les vers, les larves d'insectes végétariennes, des petits mollusques.
Le troisième maillon est composé par des prédateurs (insectes, larves, poissons). Les larves d'insectes représentent un stade de reproduction pour des espèces qui sont aériennes ou terrestres comme les libellules, les perles et les éphémères. Il peut y avoir d'autres prédateurs, les poissons, les oiseaux, les batraciens, les serpents et bien sûr les pêcheurs !

Lorsque le milieu est préservé, le sommet de la chaîne alimentaire est occupé par des animaux carnivores comme la loutre et les rapaces.
De nombreuses chaînes alimentaires s'entrecroisent pour former un réseau où tous les êtres vivants dépendent les uns des autres.

La chaîne alimentaire de ce torrent :
feuilles mortes => décomposeurs => larves d'insectes => petits poissons => gros poissons et écrevisses => homme ou oiseaux

La Gazeille, un milieu à protéger absolument :

La Fédération de Pêche participe à la gestion du patrimoine naturel (richesse locale) : elle doit aider à la sauvegarde de ce qui existe déjà naturellement. Elle met en valeur les aptitudes du milieu à produire des poissons et conserver les écosystèmes aquatiques.
La Fédération de Pêche lutte aussi contre toutes les formes de pollutions, vérifie la qualité de l'eau ainsi que sa quantité. En effet, depuis 2003, avec les sécheresses estivales répétées, notre secteur connaît une période de crise en matière d'eau. Le déficit en pluie a fait baisser les nappes phréatiques ainsi q que les niveaux d'eau des rivières.
Or, les activités humaines – activités agricoles notamment avec plus de 50 % des captages d'eau – demandent de plus en plus d'eau avec des prélèvements de plus en plus conséquents.

Moins de ressources pluviales et plus de captages font que le niveau de la Gazeille et de ses affluents baisse dangereusement et elle ne peut accueillir que de moins en moins d'animaux. Les ressources piscicoles diminuent donc.

L'autre danger qui menace la Gazeille est la baisse de la qualité de l'eau. On distingue trois types de pollution : celle d'origine domestique (engendrée par les particuliers), celle d'origine agricole (engrais, pesticides, matières organiques) et enfin celle d'origine industrielle. La pollution fait alors baisser le taux d'oxygène dans l'eau dont les animaux aquatiques ont absolument besoin pour respirer.

Querelle d'espèces au cœur de la Gazeille : duel d'écrevisse

L'écrevisse à pied blanc est une espèce en voie de disparition. C'est un crustacé très sensible à la pollution. L'écrevisse à pied blanc peut mesurer jusqu'à 12 cm. C'est une espèce protégée. Il est interdit de la pêcher.
C'est l'espèce naturellement implantée sur la Gazeille. Il y a peu de temps, on la trouvait partout tout au long de la Gazeille.
Or, depuis les années 90, elle est mise en danger par une autre espèce d'écrevisse, celle de Californie.
L'écrevisse de Californie, dite écrevisse signal à cause des points blancs sur ses pattes, est une espèce nuisible. Beaucoup plus grosse que l'écrevisse à pied blanc – elle mesure jusqu'à 20 cm- elle est aussi beaucoup plus bagarreuse. De part sa taille et sa combativité, elle fait reculer l'écrevisse à pied blanc. De plus, elle est porteuse saine d'un virus qu'elle transmet aux écrevisses sauvages qui ne peuvent y résister.
On la trouve principalement du Monastier jusqu'à la Loire. Si vous la pêchez, vous devez absolument la tuer. Il est interdit de la remettre à l'eau.

Donc en introduisant l'écrevisse de Californie les hommes n'ont pas pensé aux conséquences que cela pourrait avoir sur l'écrevisse à pied blanc, espèce sauvage et naturellement implantée dans la Gazeille.

un autre milieu à protéger: les narces de Chaudeyrolles

un peu de vocabulaire:
  • Les narces: une zone humide caractérisée par la présence de tourbe. celle-ci se forme par l'accumulation de débris végétaux qui ne se décomposent que parciellement.
  • Les tourbières : zones humides aux eaux généralement acides et stagnantes. Ces caractéristiques créent un milieu pauvre en oxygène et donc pauvre en bactéries où la matière végétale se décompose très lentement. Elle s'accumule progressivement en formant un dépôt : la tourbe. Les principaux végétaux formant la tourbe sont des mousses, les sphaignes, qui colonisent petit à petit la surface de l'eau. La tourbe est couramment utilisée comme combustible. Simplement séchée elle brûle difficilement et il est nécessaire de la faire brûler avec du bois. Elle peut être également vendue en briquettes pour une meilleur combustion.

Les narces sont à préserver car des plantes et des animaux rares y vivent, comme par exemple les plantes carnivores - la drosera et la grassette.La tourbière est aussi une réserve d'eau douce grâce à la sphaigne qui est une mousse très spéciale.

Le cycle de l'eau dans les narces

Lorsqu’il pleut dans le secteur du Mézenc et que la pluie tombe sur la Grosse Roche, l’eau suit la pente et se jette dans les différents ruisselets qui forment le Salin. Sur son parcours le Salin forme une cascade. L’eau poursuit son chemin dans les Narces où les sphaignes en absorbent une grande partie. Le reste continue pour se jeter dans le Lignon environ 2 Km après les Narces.
Quand la température augmente, l'eau passe de l'état liquide à l'état gazeux (vapeur d'eau) ou reste liquide ( brouillard ou nuages) et s'évapore.Lorsqu’il fait chaud et que les Narces sont sèches, les sphaignes relâchent l’eau qu’elles avaient absorbée pendant les averses donc la tourbière à sphaignes est une réserve d'eau douce.

La Qualité de l'eau dans les narces

L'eau des narces est très peu polluée. Elle est aussi très acide à cause des sphaignes. Le PH de l'eau des narces est de 5,5. L'eau des narces est aussi déminéralisée.Il y a beaucoup moins d' eau dans les narces qu'avant car l'eau a été largement dérivée.

La sphaigne

Les sphaignes sont des mousses qui forment des coussins verts, parfois rougeâtres, gorgés d'eau. Pour reconnaître la sphaigne, il suffit de regarder le sommet : il forme une rosace à la manière d'un édelweiss.Les tiges sont dressées, hautes de 10 à 40 cm et portent tout autour des courtes branches. De petites feuilles en écailles poussent sur les tiges et les branches. Dans les tiges des sphaignes, il existe des cellules qui, mortes, peuvent alors se remplir d'eau. En période d'abondance en eau, ces cellules se gorgent d'eau. En période de sécheresse, ces mêmes cellules relâchent alors leurs provisions d'eau.

Département de la Haute-Loire
FEDER Agence de l'Eau Loire-Bretagne
Département de la Haute-Loire FEDER Agence de l'Eau Loire-Bretagne
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