Qualité de l’eau

QUELQUES PARAMETRES CONTROLES

Bactériologie

Nature et origine

Les eaux naturelles superficielles et, dans une moindre mesure les eaux souterraines, contiennent de nombreux micro-organismes (bactéries, virus, parasites) dont certains peuvent être pathogènes pour l’homme. La contamination bactériologique des eaux d’alimentation peut se produire à la ressource, mais aussi survenir en un point quelconque du réseau de distribution.

Ces contaminations sont le plus souvent liées à :

  • une dégradation chronique ou accidentelle de la qualité de la ressource : pollution (rejets d’eaux usées, de déchets divers, de déjections humaines et animales), épisodes pluvieux…
  • une mauvaise protection ou un manque d’entretien des ouvrages de captage,
  • une défaillance ou un manque d’entretien du système de traitement,
  • une contamination de l’eau au cours du transport ou du stockage : temps de séjour trop important, stagnation dans les réseaux, défaut d’entretien des ouvrages, entrée d’eaux parasites…

Effets sur la santé

La présence d’organismes pathogènes dans l’eau fait courir un risque à court terme au consommateur. Les conséquences de l’ingestion d’eau contaminée dépendront de sa sensibilité (jeunes enfants, personnes âgées, immunodéprimés), de la virulence des germes et de la dose absorbée.

Ces pathologies sont le plus souvent bénignes (troubles gastro-intestinaux, diarrhées, vomissements,…), l’augmentation du niveau d’hygiène et des techniques de traitement de l’eau dans les pays développés ayant permis l’éradication des grandes maladies hydriques (choléra, fièvre typhoïde, …). Le risque bactériologique ne doit cependant pas être sous-estimé, l’incidence des eaux de mauvaise qualité sur la santé étant en effet mise en évidence dans les études épidémiologiques axées sur cette question.

Il convient de préciser que les gastro-entérites peuvent avoir d’autres origines, notamment la consommation de produits alimentaires altérés et surtout une origine virale non alimentaire, cause de la survenue d’épidémies hivernales accompagnées d’une recrudescence des cas en juillet et août (étude INSERM-RNSP 1996-1997).

Exigences de qualité

Le contrôle de la qualité bactériologique des eaux est basé sur la recherche de germes témoins de contamination fécale : Escherichia coli etEnterocoques.

Exigence de qualité réglementaire (Code de la Santé Publique) :
Les eaux d’alimentation ne doivent contenir aucun micro-organisme pathogène et être exemptes de toute bactérie témoin d’une contamination fécale.

Dureté et agressivité

Nature et origine

La dureté de l’eau ou titre hydrométrique (TH) correspond à sa teneur en sels dissous de calcium et magnésium. La dureté s’exprime en degré français (°F) - un degré français correspond à 4 mg/l de calcium ou à 2,4 mg/l de magnésium.
La dureté de l’eau est directement liée à la nature géologique des terrains traversés. Plus le TH est élevé, plus l’eau est dure ou calcaire (et inversement, plus le TH est faible, plus l’eau est douce). Selon sa dureté, sa minéralisation globale exprimée en conductivité (en micro-siemens ou μS) et son pH, l’eau pourra présenter schématiquement 3 comportements :

  • entartrante, c’est à dire susceptible de déposer du carbonate de calcium (calcaire), par exemple à l’intérieur des canalisations ;
  • à l’équilibre ;
  • agressive, c’est à dire susceptible de dissoudre le calcaire, les revêtements en ciment ou les métaux des canalisations.

Effets sur la santé

La dureté de l’eau en elle-même n’a pas d’effet direct sur la santé. Cependant, des eaux douces, surtout si elles sont acides, peuvent favoriser la corrosion des métaux des canalisations, libérant des particules de fer, cuivre, zinc, plomb. L’accumulation de plomb dans l’organisme par ingestion d’eau peut ainsi entraîner la maladie du saturnisme, dont les effets sont liés aux doses et à la durée d’exposition, et s’appliquent essentiellement aux jeunes enfants et aux femmes enceintes. Elle se manifeste par de l’anémie, un retard de développement intellectuel, des troubles neurologiques, digestifs et rénaux.
Les eaux dures ne portent pas atteinte à la santé. Elles préviennent la corrosion grâce au dépôt d’une couche protectrice dans les canalisations, mais peuvent présenter des inconvénients en terme de confort et de durée de vie des équipements ménagers : entartrage des tuyauteries, des chaudières, des appareils ménagers.
En cas d’utilisation d’un adoucisseur, un point d’accès au réseau d’eau froide non adouci doit être réservé pour la consommation, et un entretien adapté du dispositif doit être maintenu.

Exigences de qualité

La dureté de l’eau ne fait pas l’objet d’une limite ou d’une référence de qualité. Néanmoins, l’eau destinée à la consommation humaine ne doit pas être agressive, notamment pour limiter les risques de corrosions des canalisations. Il est ainsi recommandé d’avoir une dureté supérieure à 15°F, une conductivité comprise entre 180 et 1000 μS, la valeur de pH devant obligatoirement être comprise entre 6,5 et 9.
Le plomb a vu sa limite de qualité fortement abaissée, à travers la directive européenne du 3 novembre 1998. Elle passe ainsi de 50 μg/l (microgrammes par litre) à 25 μg/l pour fin 2003 et 10 μg/l pour fin 2013. Pour les réseaux alimentés par une eau agressive (eau douce, conductivité et pH faible), il est recommandé, lorsque l’eau a séjourné un certain temps dans les canalisations, de laisser couler l’eau quelques instants avant consommation pour évacuer le volume d’eau stagnant.

Autres paramètres

Turbidité

A la suite de fortes précipitations, des matières en suspension sont susceptibles de troubler les eaux captées et de contaminer les réseaux de distribution.
Ces dégradations peuvent être chroniques en l’absence de filtration naturelle des terrains ; ce cas de figure est notamment rencontré pour les prises d’eaux superficielles ou les terrains fissurés.
La limite de qualité est de 1 unité FTU au point de mise en distribution, et la valeur de référence est de 2 FTU au robinet des consommateurs.

Nitrates

Une présence excessive de nitrates dans les eaux souterraines et superficielles atteste d’une dégradation de la qualité de celles-ci. L’augmentation des teneurs en nitrates dans les eaux peut être d’origine diffuse (entraînement des nitrates provenant des engrais minéraux ou organiques non utilisés par les plantes), ou bien d’origine ponctuelle (rejets d’eaux usées domestiques, agricoles ou industrielles).
Les risques sanitaires pour l’homme concernent essentiellement la méthémoglobinémie (ou cyanose) du nourrisson : les nitrites provenant de la transformation des nitrates dans l’organisme peuvent transformer l’hémoglobine en méthémoglobine diminuant ainsi les capacités d’oxygénation des tissus. Ce phénomène touche plus particulièrement des populations sensibles, dont les nourrissons. De plus, un effet cancérigène lié aux nitrosamines a été démontré chez l’animal, mais n’a pas été formellement établi chez l’homme.
Le Code de la Santé Publique a fixé la teneur limite en nitrate dans les eaux à 50 mg/l avec une recommandation fixée par l’organisation mondiale de la santé à 25 mg/L.

Pesticides

Les pesticides ou produits phytosanitaires sont des substances chimiques, organiques pour la plupart, utilisées pour protéger les cultures et les plantations contre les espèces animales ou végétales nuisibles, ainsi que pour désherber les espaces agricoles ou autres (voiries, jardins,…).
Leur mode d’action, leurs modalités d’utilisation, leurs propriétés et leur comportement dans le sol et le sous-sol sont très variables. Certains composés peuvent migrer vers les nappes d’eaux souterraines, ou plus fréquemment être entraînés par ruissellement vers les eaux superficielles.
Les risques d’intoxication aiguë sont identifiés, et touchent essentiellement les utilisateurs lors de mauvaises manipulations. Les risques liés à une exposition répétée, par ingestion de faibles doses, sont moins bien décrits, mais des effets cancérigènes ou mutagènes à long terme (exposition sur une vie entière) sont suspectés pour certaines molécules.
Le Code de la Santé Publique impose une limite de qualité pour les pesticides de 0,1 μg/l par substance (ou par produit de dégradation de ce pesticide), et de 0,5 μg/l pour le total des substances.


Source: DDASS Haute-Loire Service Santé Environnement
Département de la Haute-Loire
FEDER Agence de l'Eau Loire-Bretagne
Département de la Haute-Loire FEDER Agence de l'Eau Loire-Bretagne
adresse: http://www.ode43.fr/index.php?page=145

Plan

Liens