Analyse du bassin versant de la rivière Dolaizon en matière de gestion agricole

LEGTA Yssingeaux Le Puy

LE CONTEXTE

L’agence de l’eau Loire-Bretagne (AELB), dans le cadre de la révision du SDAGE (Schéma directeur d’amélioration et de gestion des eaux), a signé des conventions avec divers organismes comme le CPIE (Centre permanent d’initiatives à l’environnement) afin de favoriser la consultation du public sur l’eau et d’encourager la concertation sur le terrain.

Pour l’année 2005-2006, le CPIE du Velay a proposé au lycée agricole d’Yssingeaux-Le Puy de s’impliquer sur les problématiques liées à la gestion de la ressource en eau par l’agriculture.

Au cours de notre formation en baccalauréat technologique STAE, nous sommes amenés à réfléchir sur la gestion durable des milieux naturels et des systèmes de production.

Réfléchir à l’impact des pratiques agricoles nous concerne directement et ce projet nous permet d’intégrer des connaissances acquises en diverses disciplines (aménagement, agronomie, phytotechnie, zootechnie, biologie, écologie, physique-chimie…).

L’objectif principal de ce projet est d’amorcer une phase de concertation entre les différents partenaires dont les agriculteurs locaux afin de les sensibiliser à la préservation de la ressource en eau.

LE BASSIN VERSANT DE LA RIVIERE DOLAIZON

En tête du bassin versant Loire-Allier, la rivière Dolaizon est notre objet d’étude

Fiche d’identité

  • Altitude en tête de bassin (crête) : 1421 m
  • Superficie du bassin versant : 62 km2
  • Longueur du cours d’eau : 13 km
  • Nombre d’affluents : 2 (Ruisseau de la Roche et Le Riou)
  • Altitude des sources : entre 950 et 990m
  • Altitude à la confluence avec La Borne : 600m
  • Les milieux traversés : le plateau du Devès, les Gorges du Dolaizon, l’agglomération du Puy en Velay.

La ressource en eau

Le plateau du Devès est une grande étendue avec des formes bosselées qui proviennent d’épisodes volcaniques La présence de sources, relativement abondantes parait être en relation avec la nature géologique du sous-sol. Ce sous-sol est composée d’un empilement de couches de laves très fissurées et de couches de scories très perméables. Ces dernières couches offrent un réceptacle drainant. Emprisonnées entre des couches de laves plus denses, lorsque les eaux remontent à la surface cela donne naissance à des sources d’eau. Ainsi le Dolaizon a un étiage constant.

De même de nombreux captages alimentent en eau potable les agglomérations proches dont la ville du Puy.

Ces sources captées sur le bassin versant du Dolaizon ont des débits très importants (150 l/s). Leur débit est régulier du fait d’une ressource profonde, on estime à environ 10 ans le temps de passage des eaux dans le sous-sol.

L’AGRICULTURE

Le plateau du Devès est un des secteurs les plus dynamiques de Haute Loire.

En quelques chiffres :

  • environ 150 exploitations
  • SAU moyenne d’environ 42 ha.
  • surface en herbe : 75% de la SAU (55% de prairies naturelles et 20% de prairies temporaires).
  • céréales (blé, orge) : 15% de la SAU
  • lentilles 10% de la SAU
  • Le maïs fourrager reste une culture récente et encore limitée.

L’élevage :

L’activité principale est l’élevage bovin avec production laitière. Les autres activités sont de l’élevage ovin ou bovin allaitant.

Pour ce qui est de la gestion des effluents d’élevage, on retrouve deux types d’exploitation : celles en tout lisier et celles en fumier plus purin. Le système fumier/purin est plus avantageux notamment au niveau agronomique. Mais, aujourd’hui, afin de faciliter le travail et faire des économies de matériels, les nouveaux bâtiments sont construits pour fonctionner en système tout lisier.

Les productions végétales :

Les cultures sont soit des céréales pour l’alimentation animale, soit des lentilles puisque nous sommes dans la zone de production de la lentille verte du Puy (AOC).

Au niveau des intrants, il semblerait que les céréales ont surtout des apports de fumier, quand cela est possible, pour améliorer la structure du sol, le purin ou le lisier étant apporté en général sur les prairies.

En complément, on a surtout des apports d’azote; Il y a peu d’apports de phosphore et de potassium.

Les autres intrants utilisés généralement sont des herbicides, des fongicides et des insecticides.

L’impact des pratiques agricoles peut être étudié à différents niveaux: la gestion des effluents d’élevage, la gestion des eaux blanches et des eaux vertes, la gestion des intrants et des pratiques culturales, l’aménagement foncier, la maîtrise du piétinement des berges par les bovins.

AUTRES IMPACTS DES ACTIVITES HUMAINES

Il ne faut pas négliger l’impact des effluents domestiques, des eaux pluviales, des infrastructures routières et aménagements divers en zone périurbaine et des espèces invasives. Sur le bassin versant, il y a peu d’ activités industrielles, à surveiller néanmoins...

DIAGNOSTIC DE LA QUALITE DES EAUX

Modalités de réalisation

Sept points de prélèvements ont été proposés suite à notre travail de cartographie et de repérage sur le terrain. Le choix de ces points est justifié par l’incidence supposée des activités humaines.

Activités réalisées par les élèves

Analyses physico-chimiques de l’eau:

Des prélèvements d’eaux ont été réalisés régulièrement à différentes saisons, sur différents points de la rivière. Le point de prélèvement est décrit (aspect de l’eau, irrisation, feuilles, boues, couleur, odeur, turbidité, ombrage, météo du jour). Nous relevons dans le cours d’eau : la température , le pH, la conductivité de l’eau; nous estimons la hauteur des eaux. Nous notons le colmatage du fond par la matière minérale et organique.

Nous caractérisons la couverture périphytique (à savoir la présence d’algues ou de bactéries dans le cours d’eau), la végétation aquatique, l’environnement (prairies, forêt, cultures, aménagement urbain, ripisylve).

Les caractéristiques physico-chimiques de l’eau prélevée seront analysées en laboratoire. Cette analyse permet surtout de quantifier les matières organiques, les matières phosphorées, les matières azotées et les nitrates. Ces éléments sont des matières polluantes qui peuvent conduire à une eutrophisation des cours d’eau.

Analyses biologiques:

Les analyses portent sur les peuplements animaux et végétaux présents dans la rivière.

Nous prélevons des algues microscopiques, les diatomées, espèces indicatrices de la qualités de l’eau. Leur inventaire au laboratoire permettra de caractériser les teneurs en matière organique et en nutriments (IBD).

De plus, un inventaire des invertébrés du cours d’eau (larves d’insectes, petits mollusques, crustacés, vers…) complètera l’ analyse physicochimique. La présence de ces espèces permet d’apprécier la qualité globale du milieu (IBGN).

Une pêche électrique et l’analyse de données piscicoles antérieures permettront également de voir si le peuplement piscicole est fonctionnel.

Ces analyses ont été menées en partenariat avec le Service Technique d’ Assainissement du Conseil Général de la Haute-Loire et la Fédération de Pêche de la Haute-Loire.

PREMIERS ELEMENTS D’ANALYSE

1 – L’ensemble des analyses réalisées traduisent une bonne qualité de l’eau du Dolaizon, avec peu d’impacts (en l’état actuel de nos analyses) des pratiques agricoles.

2 – Une première analyse des invertébrés de la rivière nous a permis de dénombrer 29 types ou taxons différents dont des espèces indicatrices d’une très bonne qualité des eaux (Perlodidae).

BILAN

La bonne qualité des eaux du Dolaizon est à préserver. Pour cela, il est important que chaque acteur de ce territoire soit sensibilisé. La rivière traversant principalement des espaces agricoles, notre travail de diagnostic des pratiques agricoles doit se poursuivre. Une enquête très précise sera menée auprès des agriculteurs afin de pouvoir ensemble amorcer une réflexion sur la gestion de la ressource en eau sur ce bassin versant.

A suivre...

Département de la Haute-Loire
FEDER Agence de l'Eau Loire-Bretagne
Département de la Haute-Loire FEDER Agence de l'Eau Loire-Bretagne
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