Etude comparative des bassins de la Loire, du Pô et du Danube

Lycée Charles et Adrien Dupuy du Puy-en-Velay

QUOI ? : Il s’agit d’aborder la question de l’eau à travers une démarche géographique (comparaison des 3 bassins fluviaux) à travers des thèmes variés, s’appuyant sur des disciplines complémentaires (géographie, histoire, sciences, économie, littérature, arts).

QUI ? : 53 élèves de Seconde et Première du Lycée Charles et Adrien Dupuy. Il s’agit uniquement d’élèves volontaires pour réaliser ce travail en dehors des heures de cours et participer au voyage d’étude en avril. 5 professeurs d’histoire-géographie et un professeur d’anglais encadrent ce projet.

QUAND ? : Année scolaire 2005-2006. Pour les élèves, le temps consacré à ce projet a consisté en : une dizaine d’heures de préparation collective dont la moitié sur le temps scolaire et l’autre moitié après 18 heures (2 conférences, consignes pour le travail d’analyse); un temps de travail autonome (recherche documentaire et réalisation des panneaux) hors temps scolaire; une semaine de voyage en avril 2006; la visite des expositions et ateliers au Conseil Général le 2 juin 2006.

Quelles activités pédagogiques ?

  • Conférence de 2 heures le 16 février 2006 : Pierre Ramain, directeur du syndicat des eaux du Velay : état des ressources en eau potable sur le bassin du Puy.
  • Conférence de 2 heures le 8 mars 2006 : M.Bouchet, ancien responsable du programme d’annonce des crues : la prévention des risques de crues en Haute-Loire
  • Travail de recherche documentaire et/ou de terrain : Les élèves travaillent donc à 2 ou 3 sur un sujet qu’ils choisissent (voir annexe 1), pour lequel il doivent mener une analyse comparative et en rendre compte par la réalisation d’un panneau d’exposition. Après une séance au cours de laquelle les consignes sont exposées aux élèves, ceux-ci travaillent en autonomie.
  • Voyage d’étude d’une semaine à Venise et Budapest du 14 au 21 avril 2006 : vallée du Pô et du Danube, visite des deux villes d’eau.
  • Visite exposition et ateliers le 2 juin au Conseil Général : notamment atelier d’analyse bactériologique des cours d’eau et vidéo concernant l’accès à l’eau potable en Afrique.

Quelques éléments de bilan :

  • Les élèves ont été très intéressés par la conférence de M.Bouchet : système d’analyse de la taille des gouttes de pluie, constructibilité des terrains et responsabilités.
  • La traversée de la lagune de Venise en bateau a permis aux élèves de mieux appréhender le site de Venise, sa singularité et ses contraintes (voir annexe 2).
  • Lors de notre séjour en Hongrie, le Danube était en crue : les élèves ont pu observer les mesures exceptionnelles de protection mises alors en place (voir photos jointes, annexe 5).
  • L’après-midi passé aux bains à Budapest a permis, en se mêlant à la population hongroise de goûter à un mode de vie dans lequel les bains chauds (sources chaudes) sont un lieu de détente et de sociabilité. C’est un des souvenirs les plus forts de ce voyage pour les élèves. (annexe 4)
  • Les élèves scientifiques ont été intéressés par l’atelier d’analyse bactériologique des cours d’eau.
  • Les travaux de recherche et les panneaux réalisés par les élèves ont été de qualités inégales : l’analyse comparative est apparue plus difficile que prévu sur certains sujets choisis (difficultés en particulier à rencontrer des spécialistes de la question dans les deux autres pays).
  • Les élèves participant au projet (volontaires) appartiennent à de nombreuses classes différentes. Il était donc assez difficile de mettre en place un encadrement suffisamment efficace du travail de recherche. Il est probablement préférable de mettre en place un tel projet dans un groupe classe ou en collège dans un dispositif IDD (en lycée les TPE correspondent davantage à des choix individuels de sujets). Le travail des élèves hors temps scolaire doit être modéré.

Annexe 1 : Liste des sujets

  • Le contrôle sanitaire du fleuve
  • L’eau et les sites à risques industriels
  • Fleuve et préservation des zones humides
  • La batellerie
  • L’irrigation
  • Fleuve et réseau urbain
  • La police des fleuves
  • Quand les villes réaménagent leurs fronts d’eau
  • L’exploitation des sablières
  • Les barrages en débat
  • A quoi servent les compagnies des eaux ?
  • Les fleuves à l’époque romaine
  • Fleuves et villes-étapes du commerce médieval
  • Les agences de l’eau
  • L’érosion fluviale

Annexe 2 : Port et passe du Lido : présentation du site, des problèmes écologiques et des projets de protection de Venise

LES PROJETS DE PROTECTION DE VENISE (extrait du dossier) :

Le fragile équilibre écologique

La lagune ne fait pas partie de la mer ...

Du XVI siècle au XX siècle, les hommes ont commencé par assécher les terres, creuser des canaux, dévier les fleuves. Ensuite de grands chantiers ont été lancés pour favoriser le développement civil et militaire de la « Serenissima. Ils permettaient de faire entrer jusqu’au port ou à l’arsenal de Venise des navires marchands et militaires à plus fort tirant d’eau.

«Bien que les technologies employées fussent chaque fois plus agressives que les simples pelles et pioches des origines, ces interventions ont toujours laissé à la lagune le temps de retrouver un nouvel équilibre», explique Stefano Boato, professeur d’aménagement du territoire à l’Université de Venise. Il en a été de même lors des opérations suivantes menées dans la seconde moitié du XIXe siècle, quand Venise fut définitivement intégrée au Royaume d’Italie (1866), après être passée entre les mains de la France et de l’Autriche.

C’est bien plus tard, entre 1952 et 1969, que la ville a reçu l’estocade finale: pour que les navires pétroliers puissent accoster dans le port industriel de Marghera, on y a creusé le Canal du pétrole, rectiligne et profond de 15 mètres. A la même époque, la région n’a pas cessé d’accueillir des industries chimiques et pétrochimiques hautement polluantes, qui pompaient de plus en plus d’eau dans les nappes souterraines et déversaient de plus en plus de poison dans la lagune. «A ce moment-là, l’équilibre qui s’était toujours maintenu, et que l’on avait réussi à recomposer pendant 19 siècles d’inter-relation entre l’homme et la nature, a été rompu. La situation est en train de devenir dramatique», poursuit Boato.

Le projet Moïse

Plusieurs projets ont ainsi été examinés pour fermer la lagune en cas d'acqua alta : bateaux-portes, modules automatiques à translation horizontale avant d'opter pour une série modulaire de vannes mobiles mises les unes à côté des autres dans les trois passes de la lagune et fonctionnant sous la poussée de flottaison. De là naîtra le projet MOSE, nom italien de Moïse et acronyme de Modulo Sperimentale Elettromeccanico, un prototype de vannes grandeur nature qui a été testé dans le canal de Treporti entre 1988 et 1992. Le projet Moïse a donc pour but de protéger l’ensemble de la lagune de l’acqua alta. Il consiste à isoler la lagune de la mer, dès que cela est nécessaire, en fermant les trois passes d’entrée par des barrières modulaires mobiles.

Dans des conditions normales et tant que l’amplitude de l’acqua alta ne dépassera pas un mètre, des coffres remplis d’eau reposeront sur le fond du canal. En cas d’amplitudes plus fortes, dites «exceptionnelles» (il y en a sept par an en moyenne et exceptionnellement jusqu’à 20, comme en 1996), un système hydraulique remplira les coffres d’air afin de les surélever. Comme ils sont maintenus au fond, ils agissent en s’élevant comme une porte qui se referme, et se transforment ainsi en digues qui isolent la lagune de la mer. Le plan prévoit que 18 de ces vannes seront installées à l’entrée du port de Chioggia, 20 à Malamocco, et deux séries de 20 et 21 séparées par une darse intermédiaire à l’entrée du Lido.

Un projet controversé, des propositions alternatives

Plusieurs associations italiennes de défense de l'environnement réunies pour s'opposer au projet Moïse avaient proposé des solutions plus écologiques. Leurs priorités sont de faire cesser le trafic des navires et pétroliers à l'intérieur de la lagune en construisant des quais à l'extérieur, le long de l'île du Lido, où se trouve déjà l'aéroport du Lido, mais l'aéroport international se trouve à Tessera, sur le bord intérieur de la lagune, pour réduire la pollution, protéger les zones les plus basses de Venise (la place Saint-Marc) et de réaliser des travaux pour réguler le débit des eaux dans les trois passes (voir encadré).

Annexe 3 : SOIREE : DANUBE ET LES PONTS

Promenade sur le Korzö de la place Roosevelt à Petöfi ter

Deuxième fleuve d’Europe après la Volga, le Danube ( 2857 km) traverse la Hongrie sur un septième de sa longueur ( 417 km). Neuf ponts ( tous reconstruits après la deuxième Guerre )relient Pest à Buda au dessus du fleuve, qui divise sur 28 km une capitale dont il est le personnage principal. Un personnage majestueux, capricieux aussi, dont le tracé sinueux semble le reflet fidèle de l’histoire hongroise. Dès l’époque romaine, le Danube marque les limites de l’empire, le limes. Les armées de César établissent leurs fortifications le long de ses rives, notamment à Aquincum. Plus tard, lorsque les turcs occupent le pays, c’est encore le Danube qui sert de frontière et de ligne de défense.

Le Danube qui n’est pas très profond : 3 à 4 mètres en moyenne, pour 300 à 600 de large. Il n’en constitue pas moins l’axe de communication privilégié entre l’Est et l’Ouest de l’Europe depuis le Moyen Age. Dès 1616, une convention est signée entre les Etats riverains et, en 1856, le traité de Paris garantit la libre circulation sur toute la longueur du fleuve. Certes, le trafic s’est considérablement ralenti avec la construction du chemin de fer, mais il reste l’un des plus importants d’Europe notamment pour la navigation de plaisance.

LE PONT DES CHAINES : LANCHID

Ce pont porte également le nom d’Istvan Széchenyi, qui fut à l’initiative de sa construction

Entre 1842 et 1848. D’une longueur de 380 mètres et d’une largeur de 15,7 m, c’est le premier pont ayant relié Buda à Pest. Auparavant, il fallait emprunter un bateau ou attendre que le Danube soit gelé pour se rendre d’une rive à l’autre. L’ingénieur anglais Adam Clark dirigea les travaux. On raconte qu’il se suicida après s’être aperçu que les deux lions placés à l entrée du pont, côté Buda, n’avaient pas de langue.

Détruit pendant la Seconde Guerre Mondiale, le pont a été reconstruit à l’identique en 1948, soit 100 ans presque jour pour jour après sa première inauguration. C’est aujourd’hui un des symboles de la ville.

LE PONT ERZSEBET (ELISABETH)

Long de 380 mètres, large de 27,5 m, ce pont a été détruit en 1945 et reconstruit entre 1961 et 1964 sur les plans de Pàl Sàvoly. Seules les anciennes piles ont été conservées pour réaliser le nouveau pont, dont l’originalité est d’être retenu par des câbles.

LE PONT SZABADSAG (DE LA LIBERTE)

Baptisé du nom de l’empereur François – Joseph lors de son inauguration en 1896, c’est le premier pont reconstruit après la guerre. Long de 331 mètres et de 20 m de large, il copie à s’y méprendre l’ancien édifice dont les plans avaient été élaborés par Janos Feketehazy. Au sommet des tourelles métalliques, on distingue un touroul, aigle mythique symbole de la nation hongroise.

Annexe 4 : BUDAPEST ET LES BAINS

La culture des bains est indissociable du mode de vie des hongrois. Budapest est une ville d’eau. Les hongrois s’y rendent pour soigner leurs rhumatismes, jouer aux échecs ou seulement pour se détendre : tout prétexte est bon pour faire trempette dans les bassins baroques des bains Széchényi ou entre les colonnes rococo de l’hôtel Gellert.

LES THERMES ROMAINS

En s’installant sur les rives du Danube, au 1 er siécle après JC, les romains découvrent des sources thermales, au pied des collines de Buda.Très vite l’empereur Tibère ordonne la construction de thermes dont on peut encore voir quelques traces à Aquincum. Après le départ des romains disparaît la culture des bains : il faut attendre la fin du XIII e pour que reprenne l’exploitation des eaux curatives.

BAINS TURCS, BAINS DE FOULE

En 1432, les sources de la région de Budapest ont atteint une telle renommée qu’un aristocrate français, Bertrand de la Broquière, se rend en mission sur place et rapporte à Philippe II, prince de Bourgogne, un rapport détaillé sur leurs vertus médicinales. Les bains de l’ïle Marguerite sont souvent le dernier espoir des lépreux. Sous le règne de Mathias, au début du XVI e, les bains attirent déjà de nombreux visiteurs d’autres pays d’Europe, qui vantent les bienfaits des sources. Quant aux turcs, durant un siècle et demi d’occupation,ils construisent de superbes bassins : les bains Ràc, Rudas et Kiraly, dont le décor n’ a pas changé aujourd’hui.

SOIGNER LE MAL A LA SOURCE

Les sources sont classées selon leur composition en dix catégories; on peut en citer quelques-unes :

  • les sources riches en magnésium de Budapest et Balantonfüred ont un rôle anti-inflammatoire et des vertus diurétiques.
  • les sources alcalines hydro-carboniques de Bükszég, Balf, Fonyod et Szeged facilitent la digestion et peuvent dans certains cas réduire le besoin d’insuline des diabétiques.
  • les sources riches en sodium ou en magnésium sulfaté servent surtout à produire les eaux minérales Mira et Hunyadi Janos, très efficaces pour lutter contre la goutte, le diabète et certaines maladies hépatiques.
  • les sources riches en sulfure ( Harkàny Héviz ou encore Lukàs et Rudas à Budapest ) sont utilisées en boisson, pour le traitement des maladies respiratoires.
  • les sources radioactives ( Gellert, Rudas, lac Héviz) ont des effets vasodilatateurs et diminuent la pression artérielle. Elles ont aussi un effet bénéfique sur les douleurs rhumatismales.
  • les sources thermales « simples » , comme le Romai Fürdö à Budapest, soulagent notamment les spasmes.

LES BAINS SZECHENYI

Les établissements Széchenyi, bâtis dans le style néo-baroque en 1913, sont l’un des plus beaux complexes thermaux d’Europe. Plusieurs bassins en plein air agrémentés de coupoles et de murs recouverts de lierre sont alimentés par une source d’eau chaude ( elle sort à 76 C ) très efficace contre les rhumatismes. Nombreux sont les budapestois qui viennent ici simplement pour se détendre, jouer aux échecs ou lire le journal dans l’eau. Le bonnet de bain est obligatoire pour la piscine.

Annexe 5 : PHOTOS DU DANUBE


Département de la Haute-Loire
FEDER Agence de l'Eau Loire-Bretagne
Département de la Haute-Loire FEDER Agence de l'Eau Loire-Bretagne
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